83J - Chartrier Séran de la Tour (à Saint-Pierre-Canivet)

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Cote/Cotes extrêmes

83J/1-83J/54

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Archives du Calvados

Biographie ou Histoire

Robert Séran, officier de justice maintenu dans son poste falaisien après 1450, bénéficie au retour du duché dans le giron français d'un bail perpétuel de la fiefferme royale de Canivet. La descendance directe reste propriétaire des lieux jusqu'à la mort sans descendance de Harold de Séran, dernier du nom, au début du XXe siècle. Sa sœur, la comtesse de La Moussaye, en hérite. C'est à la mort du dernier héritier, M. de La Moussaye, conseiller général du Calvados, que le fonds a été vendu la première fois.

La fiefferme de Canivet s'étend sur dix paroisses, dans un morcellement de terres et de droits importants. Cela explique le nombre des « débats de tenure », procédures entre propriétaires de seigneuries contigües, au sujet de la délimitation de leurs secteurs respectifs.

Les fieffermes royales dans le ressort du Calvados sont fort nombreuses sous l'Ancien régime. Ce type de tenure est basé sur un contrat emphytéotique chargé envers le domaine royal de Falaise de rentes (en argent ou en céréales) dont la valeur réelle ne peut pas être réévaluée. Le poids de la rente domaniale diminue donc en monnaie réelle au fil du temps au profit des propriétaires.

Les Séran, hormis la propriété pendant un temps de la baronnie d'Audrieu et de la seigneurie de Beuzeval, ont continuellement vécu de leur seule seigneurie de Canivet. Les alliances matrimoniales sont de proximité pour les XV-XVIIe s., puis le rapprochement avec des familles de la bourgeoisie caennaise (Duthon, Ricouf) les fait entrer dans le monde urbain.

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, la famille change provisoirement de destinée. Mme de Séran devient la maîtresse de Louis XV, ce qui finance la construction d'un nouveau château au goût du jour, toujours debout. Le beau-père de Mme de Séran était quant à lui un des fondateurs de la loge maçonnique de Caen, la plus ancienne loge provinciale en France. Enfin, il faut citer l'abbé de Séran, protégé de Turgot et auteurs de plusieurs écrits réputés à l'époque. Si la famille a du lustre et de l'esprit, elles est cependant peu fortunée.Les nombreuses dettes inscrites sont la preuve que le mode de vie aristocratique coûte fort cher.

Le retour des Bourbons permet à Jules de Séran d'atteindre un haut grade militaire dès 1815. Il avait auparavant assaini la situation financière en amortissant nombre de rentes passives qui grevaient le patrimoine parental. Le rachat de droits forestiers permet également de vérifier que la part des revenus de cette nature doit être importante. La tuilerie construite et exploitée vers le milieu du XVIIIe siècle est, elle, en net déclin, puis en extinction avant le milieu du XIXe siècle.

Par la suite, la seconde moitié du XIXe siècle s'inscrit sous le signe du repli de la vie publique. A la ressource de la rente foncière, insuffisante, un complément financier nouveau est tiré des investissements boursiers.

Modalités d'entrées

Les archives du château de la Tour, à Saint-Pierre-Canivet, déposées aux Archives du Calvados en 1984 avaient fait l'objet d'un début de classement resté incomplet faute de temps accordé par le propriétaire, mais un microfilmage d'une partie du fonds avait pu être réalisé (certaines pièces aujourd'hui manquantes y figurent heureusement).

Leur propriétaire ayant repris le fonds, l'affaire est restée en l'état jusqu'à la mise en vente du château, quelques années après, et la dispersion de la bibliothèque et des archives, à Falaise puis à Paris.

L'acquéreur de la majorité des pièces ayant proposé une offre de cession aux Archives du Calvados, le chartrier est entré dans les collections départementales en deux lots, en 2015 (Entrée 2015-5123.) et 2016, avec une aide de l'Etat.

Présentation du contenu

La plus ancienne pièce du chartrier date de 1323, et concerne les droits communaux des paroissiens de Canivet. La seule qui renvoie à la fiefferme de Canivet avant la prise en compte de l'offre de Robert Séran est une déclaration rendue au domaine par un tenancier, en 1409.

Le fonds seigneurial paraît avoir souffert des événements politiques de la fin de l'Ancien régime (à lire un procès-verbal de destruction de titres réalisé en l'an II, rédigé en l'an VI). Malgré tout, les déclarations des tenanciers restent suffisamment nombreuses, surtout du XVe au XVIIe siècle. En revanche, les pleds et gage-plèges, véritable « carte d'identité seigneuriale », ont quasiment tous disparu. Les baux du domaine propre conservés débutent vers la moitié du XVIIe siècle.

Au final, le chartrier de la Tour est un nouvel élément précieux pour l'étude de la seigneurie normande à l'époque moderne. La seconde partie du fonds, acquise en 2016, est également très importante puisqu'elle complète l'ensemble par les plans et esquisses de la construction du château (83J/48) et la correspondance de M. de Séran avec ses familiers, souvent à teneur franc-maçonne (83J/53-83J/54).

 

 

Mode de classement

Les cotes 83J/52 à 83J/54 ne sont qu'une partie du deuxième achat (le reste est classé avec la premier achat sous les 51 premières cotes).

Documents en relation

 

1MI/455/1-1MI/455/8 : Microfilms d'une partie du chartrier déposé en 1984.
 

2E/887 et 2E/888 :  famille de Séran (pièces isolées, l'essentiel se rapportant à une famille homonyme de Bayeux).
 

F/4086 : activité de la tuilerie de Canivet (an III-1818).
 

Pièces familiales isolées sous les cotes F/5503, F/6721, F/6723, F/7009, F/7363.
 

60 FI/1-60FI/49 : Album photographique familial de Séran (vers 1858-1880), acheté en salle des ventes de Falaise lors de la vente de Mons

Chapelle de Notre-Dame de la Tour

Cote/Cotes extrêmes

83J/37

Date

1632-1788

Présentation du contenu

Fondation, dotation (1634-1772). Déclaration du temporel (1692-1729). Décimes.- Quittances, procédures (1695-1788). Chapelains (1642, 1772). Revenus des dîmes : baux, procédures (1632-1781). Messes seigneuriales : quittances (1710-1725). Correspondance reçue des desservants (1731-1788)

Documents séparés

83J/52