77Fi - Fonds Charles Morin et Henri Vautorte, photographes amateurs

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Cote/Cotes extrêmes

77Fi/1-77Fi/12

Date

Vers 1900-1935

Organisme responsable de l'accès intellectuel

Archives du Calvados

Description physique

635 photographies, 15 objets, 4 documents imprimés

Biographie ou Histoire

Le fonds se compose de documents photographiques concernant principalement deux photographes amateurs et leurs familles respectives : Charles Morin et Henri Vautorte.

 

Charles Morin (1892-1971)

Producteur majeur du fonds photographique, Charles Jules Louis Morin voit le jour le 8 juillet 1892 à Saint-Pierre-sur-Dives. Ernest Morin, le père de Charles, y exerce la profession d'agent voyer cantonal. Né à Caen en 1861, il quitte le chef-lieu départemental pour rejoindre la ville natale de Louise Cloutier, la mère de Charles née en 1871 au sein de cette commune rurale située au cœur du Pays d'Auge.

Ernest et Louise résident alors à Saint-Pierre-sur-Dives, cité réputée pour son activité commerciale. Ils sont tous deux issus de familles commerçantes. Le grand-père paternel de Charles, Louis-Ferdinand Morin, est un commis marchand de la région caennaise. Jules et Léonie Cloutier, ses grands-parents maternels originaires de Trun et d'Occagnes, sont des marchands de nouveautés installés rue de Falaise.

La rue de Falaise à Saint-Pierre-sur-Dives constitue l'axe central de la vie de la famille Morin-Cloutier. Louise et son frère cadet Louis-Émile sont tous deux nés dans la demeure familiale du 99 rue de Falaise. Né en 1877, Louis-Émile Cloutier intègre l'affaire familiale au décès de son père, Jules, en 1892. L'oncle de Charles épouse Marie Jacqueline en 1903 et fonde un magasin de meubles 16 rue de Falaise.

 

Charles Morin perd son père en 1907. Issu d'une famille de négociants, il ne devient pas commerçant. Admis comme élève à l'École Polytechnique le 18 septembre 1913, Charles est rattrapé par l'Histoire. Le 1er août 1914 débute la Première Guerre mondiale, le jeune polytechnicien est versé dans l'artillerie. Charles Morin, ressort du conflit paré d'une Croix de guerre et fera de « l'arme savante » sa profession.

Charles embrasse une carrière d'officier supérieur et poursuit sa formation dans l'entre-deux-guerres. Le jeune officier Morin se perfectionne notamment à l'École militaire de l'artillerie à Fontainebleau. Promu Lieutenant-colonel le 22 janvier 1939, Charles se trouve engagé dans le Second conflit mondial. Il est fait prisonnier par les Allemands le 20 juin 1940 à Saint-Rémy-aux-Bois, dans l'est de la France.

Il est détenu pour le restant du conflit à l'Oflag VI A, camp pour officiers prisonniers situé à Soest. Rapatrié en avril 1945 puis démobilisé le 12 mai 1945 à la gare de Caen, Charles voit la fin de sa carrière. Général de brigade à la retraite, Charles Morin est fait Officier de la Légion d'honneur en octobre 1949. Ce militaire de carrière, issu de la bourgeoisie provinciale, s'éteint le 30 avril 1971 au 99 rue de Falaise.

 

Henri Vautorte (1882-1980)

Producteur secondaire du fonds, la personne d'Henri Vautorte est essentielle. Beau-frère de Charles Morin né à Lisieux le 1er août 1882, Henri Pierre Vautorte est également issu d'une famille de commerçants. Le père d'Henri, Alexandre Vautorte, est un épicier-négociant lexovien né en 1844 à Essay dans l'Orne. Alexandre se marie le 12 septembre 1881 à Saint-Julien-le-Faucon avec Blanche David, une lexovienne.

Diplômé de l'école de commerce du Havre en 1903, Henri Vautorte devient secrétaire archiviste chargé du service de documentation et d'action commerciale au sein de la Chambre de commerce de Rouen. Henri sert parallèlement comme appelé puis dans la réserve, il est nommé sergent réserviste en 1906. Dans le cadre de la mobilisation générale du 1er août 1914, Henri est alors rappelé sous les drapeaux.

Henri Vautorte participe à l'entièreté du premier conflit mondial au sein de régiments d'infanterie. Au terme de cette longue campagne de 1914 à 1919, Henri se voit remettre la Croix de guerre. Il se retire d'abord à Lisieux puis retourne à Rouen afin de reprendre son activité professionnelle. Après quelques années, Henri rencontre une certaine Juliette Morin, sœur cadette de Charles Morin.

 

Durant la Grande Guerre, Juliette Morin a été infirmière à l'Hôpital provisoire de Saint-Pierre-sur-Dives. C'est dans cette commune que le 21 juin 1921, Henri Vautorte épouse Juliette alors âgée de 27 ans. Le 31 juillet 1922, Juliette accouche de Marie-Louise dans la demeure familiale du 99 rue de Falaise en la présence de Charles Morin. Un deuxième enfant naît un an plus tard, Jean, le 8 décembre 1923.

Les Vautorte naviguent entre la Seine-Inférieure et le Calvados, alternant entre travail et vie familiale. Les parents de Henri résident à Saint-Julien-le-Faucon, la mère de Juliette à Saint-Pierre-sur-Dives. Le lieu de villégiature favori de la famille est la Côte Fleurie, plus particulièrement le Home à Varaville. Accompagnés d'amis également, ils se promènent régulièrement dans les départements limitrophes.

Aux lendemains de l'Occupation Henri, Juliette et Marie-Louise s'installent à Saint-Pierre-sur-Dives. De retour de captivité, Charles Morin rejoint également son foyer et Louise, sa mère vieillissante. Le précédent édile de la ville destitué, Henri Vautorte est élu maire en 1951 et ce jusqu'en 1959. Membre de la Société des Antiquaires de Normandie, il décède le 30 octobre 1980 au 99 rue de Falaise.

Modalités d'entrées

Achat en 2006 à Tristan Baria, antiquaire brocanteur à Sées, en lien avec les Archives départementales de l'Orne.

Conservation de 19 photographies par les Archives de l'Orne et transfert du fonds aux Archives départementales du Calvados le 24 mai 2006 (entrée n°1785).

Présentation du contenu

Les deux photographes amateurs ont su capter de précieux moments de leurs vies et de leur époque, ces photographies retracent partiellement leurs existences.

Le fonds se divise en cinq ensembles distincts :

Un premier ensemble regroupe les photographies issues des excursions et pérégrinations de Charles Morin et Henri Vautorte dans le Calvados, dans d'autres départements français ainsi qu'à Jersey (77Fi/1-77Fi/3).

Témoin immédiat de la Grande Guerre, Charles capture de nombreux instants sur le front et à l'arrière, notamment l'hôpital provisoire de Saint-Pierre-sur-Dives où sa sœur Juliette est infirmière (77Fi/4).

Polytechnicien puis officier, il photographie ses années de formation civile et militaire (77Fi/5), les membres de la famille Morin-Cloutier posent régulièrement sous son objectif (77Fi/6), il fige le magasin de son oncle, la résidence et les animaux de la famille rue de Falaise (77Fi/7). Enfin, il saisit les instants amicaux et familiaux de détente et de promenade au Home et sur la Côte Fleurie (77Fi/8).

À l'image de son beau-frère, Henri photographie sa famille et se fait également photographier (77Fi/9). Chaque rassemblement, chaque rencontre constitue une occasion de figer l'instant partagé (77Fi/10). Le matériel de captation d'Henri est conservé par ailleurs, notamment deux appareils photographiques (77Fi/11).

Enfin, quelques boites d'origine dans lesquelles les photos étaient rangées ont été retenues. On peut y voir les légendes et signatures manuscrites des deux photographes (77Fi/12).

Documents séparés

Complément du fonds disponible aux Archives départementales de l'Orne

73Fi : fonds de 19 photographies (18 plaques de verre 9 x 12 cm et 1 négatif NB 6,5 x 11 cm) de monuments de l'Orne réalisées par Charles Morin.

https://archives.orne.fr/moteur-de-recherche

 

Mots clés typologiques

Cote/Cotes extrêmes

77Fi/8

Cote/Cotes extrêmes

77Fi/11

Description physique

2 appareils photographiques, 1 sacoche de transport, 1 boite de rangement en bois, 1 trépied, 5 châssis métalliques, 3 manuels d'instruction, 1 livret de documentation, 1 feuille

Accessoires : cinq châssis métalliques porte-plaques AP PARIS pour chambre photographique et un trépied.

Cote/Cotes extrêmes

77Fi/11

Mots clés typologiques