7AV - archives orales collectées à partir de 2017

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Archives du Calvados

Présentation du contenu

Campagnes de collectes d'archives orales réalisée à partir de 2017 sur les thèmes suivants :

- la Seconde guerre mondiale

- l'histoire des Archives départementales

- les grands acteurs de la vie politique, institutionnelle et culturelle du département

- les premiers temps de la décentralisation et l'histoire du département du Calvados

André Ledran, conseiller général et maire de Ouistreham

Cote/Cotes extrêmes

7AV/9

Date

1933-2017

Modalités d'entrées

Enregistrement réalisé le 19 septembre 2017 par Julie Deslondes, aux Archives du Calvados. L'entretien a été facilité par M. Casini, conseiller général de Caen (PS), proche de M. Ledran et de M. Mexandeau.

Présentation du contenu

André Ledran est né dans une famille de huit enfants de Carentan, extrêmement modeste mais visiblement unie. Son père, ouvrier dans l'entreprise Gloria, est un ancien poilu, sympathisant SFIO. Ses bons résultats scolaires l'amènent à passer le concours de l'école normale, qu'il intègre dans le Calvados, à Trouville.

Après l'école normale, il fait son service militaire et se trouve mobilisé en Algérie comme sous-lieutenant en 1956. Il y rencontre son épouse et y reste pour enseigner après l'indépendance, jusqu'en 1969. Il y passe un DES d'histoire-géographie, puis rentre en France pour préparer l'agrégation.

Il enseigne dans le Calvados (Vire, Douvres-la-Délivrande, Hérouville-Saint-Clair) jusqu'en 1986, tout en étant président de la fédération socialiste du parti socialiste à partir de 1972, en remplacement de Louis Mexandeau, son mentor en politique. Il est député socialiste de 1986 à 1988.

Il est conseiller général (PS) du canton d'Ouistreham de 1982 à 2015 et maire de cette commune de 1983 à 2014. Il préside notamment à la création du port de Ouistreham et à l'ouverture de la ligne de ferry entre Ouistreham et l'Angleterre.

André Ledran retrace toute sa vie : son expérience de la seconde guerre mondiale, dont il garde un souvenir vif malgré son jeune âge ; ses années de formation à l'école normale de garçons de Trouville ; sa préparation militaire et son expérience de la guerre d'Algérie, très marquante puisqu'il connaît le feu et le danger physique, sa rencontre avec sa femme pied-noir et sa longue période en Algérie comme enseignant (d'abord de droit commun, puis pour la coopération après l'indépendance). C'est le parcours d'un homme déjà sensibilisé à la politique par son père, "Vieux rouge" selon son expression, puis par l'école normale, mais avec les paradoxes du temps, notamment durant la guerre d'Algérie qu'il rejoint sans conviction mais avec "patriotisme". Son expérience algérienne est aussi celle d'un homme éclairé de son temps : soucieux de bien faire, mais qui ne peut mesurer entièrement la réalité du fait colonial. Cependant, sa rupture avec la SFIO date de la période Mollet qui, de son point de vue, continue la guerre d'Algérie après avoir promis de l'arrêter.

Le deuxième temps de l'entretien, plus court faute de temps surtout, est consacré à sa carrière d'enseignant et d'homme politique dans le Calvados à partir de 1969. D'abord affecté à Douvres (à l'école puis au collège), il prépare et réussit l'agrégation et est nommé à Vire. Un "tournant de sa vie", selon son expression, est sa rencontre avec Louis Mexandeau, alors personnalité importante du parti socialité post-congrès d'Epinay. A l'appel de Mexandeau, André Ledran adhère au parti socialiste, et devient président de la fédération socialiste du Calvados dès 1973 en remplacement de Mexandeau devenu député. Avec lui, il "prépare l'élection de François Mitterand". il se trouve, une nouvelle fois, un acteur d'un des évènements clefs de l'histoire contemporaine française.

Après la victoire de 1981, il devient conseiller général d'un canton de Ouistreham nouvellement découpé et maire de Ouistreham, et ce jusqu'en 2014 et 2015. De cette longue carrière d'élu local, malheureusement trop vite évoquée par manque de temps, quelques éléments saillants apparaissent : la création du port de Ouistreham, sa position centrale entre ses appuis locaux et nationaux qui lui permettent de peser et d'obtenir de nombreux financements pour sa commune dans une période de grand développement de la décentralisation. On devine un vrai respect pour Michel d'Ornano. D'abord adversaire combattif de la gauche au pouvoir, Michel d'Ornano semble abandonner ses ambitions nationales après avoir été écarté du gouverment de J. Chirac en 1988. Dès lors, il gère le département avec plus de bonhomie, et dans une relative paix des braves avec les élus de l'opposition socialiste, qui contraste avec l'hostilité qu'il manifeste envers le conseiller général de Lisieux RPR André Fanton. André Ledran manifeste le même respect envers Mme d'Ornano, "une femme courageuse", soutenue par deux élus "historiques" de la majorité qui s'effacent derrière elle à la mort de M. d'Ornano : Franck Duncombe et Philippe de Bourgoing.

Fidèle à sa réputation d'éternel militant, à l'image de Louis Mexandeau auquel il reste attaché, André Ledran conclut en protestant être "toujours prêt à s'engager et à servir" pour rebattir la gauche socialiste.

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