Société des Mines de Littry

  • Archives de la Société des Mines de Littry
  • Assemblées
  • Séances hebdomadaires
4 mai 1849 - 23 janvier 1857
Déplier tous les niveaux

Cote/Cotes extrêmes

F/7051-7083, NOUVACQ/786-820, 1J/28/1-1J/28/5

Description physique

4 ml

Biographie ou Histoire

En 1741, un affleurement houiller est découvert par hasard entre Saint-Lô, Bayeux et Isigny. En 1744, Jacques-Claude de la Cour, marquis de Balleroy, obtient de Louis XV un périmètre d'exploitation de 1920 kilomètres carrés. Les coûts exorbitants des premiers travaux d'installation obligent le marquis à céder sa concession, trois ans plus tard, à la compagnie des mines de Littry. Cette compagnie parisienne fondée pour l'occasion est la première société française créée pour l'exploitation de mines, quelques mois avant celle d'Anzin. L'entreprise est très vite à la recherche de procédés innovants : elle installe en 1749 une pompe à feu en afin d'évacuer l'eau ; cette tentive est abandonnée dès 1756 faute de rendemanr et à cause de la dangerosité de la machine. Elle poursuit néanmoins cette quête de modernisation et devient vers 1800 la première société minière à se doter d'une machine à vapeur pour remonter le charbon, en remplacement des machines à molette hippomobiles.

La société tente également de s'ériger en entreprise modèle vis-à-vis de ses ouvriers et suit la voie d'une forme de paternalisme avec la création d'une caisse mutuelle dès 1792, d'une chapelle des mineurs en 1804 et de deux écoles gratuites (l'une pour les filles, l'autre pour les garçons) en 1810. Elle frappe également des jetons-monnaie en cuivre (les « sols de Littry ») pour le comptage des jours travaillés et les gratifications.

L'entreprise connaît son apogée au milieu du XIXe siècle. Elle emploie alors près de 950 personnes et extrait environ 50 000 tonnes de charbon par an. Un deuxième bassin d'exploitation est ouvert en 1845. Cette prospérité marque également le bourg de la mine : Littry devient un centre important au croisement d'un réseau routier et ferroviaire et son marché, établi à partir de 1823, est l'un des plus importants de la région. La vie de la mine marque les temps fort de la commune. Les festivités se déroulent au son de la société philarmonique de la mine et se clôturent par le feu d'artifice de l'artificier de la mine. La Sainte-Barbe, la fête des mineurs, en constitue le point culminant.

La houille extraite est cependant de qualité moyenne et la compagnie ne peut faire face à la concurrence des mines britanniques, belges et du nord de la France. La société est dissoute en 1879, ses puits sont fermés et noyés l'année suivante. On estime que 2,5 millions de tonnes ont été extraites de ses sous-sols depuis le XVIIIe siècle, soit la quantité d'une année de production de houille en France.

La mine renaît de ses cendres lors de la Seconde Guerre mondiale : pour faire faire à la pénurie, la Société d'étude et d'exploitation minière demande un nouveau permis d'exploitation. Il est accordé le 11 juillet 1942 pour les bassins de Fumichon et de la Rogerie, près de Bernesq. L'exploitation cesse définitivement en 1949. Durant cette courte période, seuls 70 000 à 80 000 tonnes ont été extraites.

Dès 1907, l'ouverture d'un musée de la mine sur le site de la fosse de Frandemiche permet de sauvegarder plusieurs éléments matériels essentiels dont la machine à vapeur des frères Périer et de nombreux outils. Les collections et les parcours de visite n'ont cessé de s'enrichir tout au long du XXe siècle.

Histoire de la conservation

Les archives cotées en série F proviennent d'un versement, en 1900, de l'ingénieur des mines du laboratoire départemental. La houillère avait fermé ses portes depuis vingt ans. Il s'agit, en l'occurrence d'une partie du fonds (2 ml) constituée de correspondance, comptabilité et de quelques dossiers de travaux. Le service des Archives est alors plus habitué à prendre en charge les chartriers et papiers de famille, choisit de l'intégrer à la série S dévolue aux archives administratives des travaux publics pour finalement la déplacer au début des années 1940 à la série F dédiée aux archives d'origine privée. Néanmoins une partie des plans est restée conservée en série S (cf, zone des documents séparés).
Dans les années 1950, une deuxième partie de ce fonds, 2 ml également, nous et confiée par l'intermédiaire d'un clerc de notaire de Bernesq (registres de délibération des assemblées, correspondance, comptabilité, rapports et compte-rendu) : elle est cotée en série Nouvacq.
Enfin, en 1996, un particulier remet aux Archives les documents coté en série 1J et qui comprend notamment le mémoire sur la houillère de Littry de Louis-Étienne Héricart de Thury, alors élève à l'École des mines (1J/28/1). Ce document, rédigé entre 1796 et 1799, est vraissemblablement le document de travail qu'aurait conservé la Société des Mines.

Modalités d'entrées

Don, 1900, 1950 et 1996.

Mode de classement

Inventaire méthodique reprenant les 3 systèmes de cotation.

Conditions d'accès

Communicable

Conditions d'utilisation

Selon le réglement en vigueur des Archives du Calvados

Documents en relation

3232W/1 : compagnie des Mines de Littry, mine de charbon de Bernesq : vue d'ensemble du site, des installations et du carreau de la mine et l'équipe des mineurs auprès du chevalement du puits principal.

Documents séparés

Des plans et autres documents de même provenance se situent en série S : S/1286, S/1287, S/1289, S/1290, S/1293, S/1320, S/1321.

Bibliographie

Bernouis (Philippe), Le charbon en Normandie : le Musée de la mine du Molay-Littry, 2012, Bayeux, OREP, 31 p.

Coftier (Pierre), Mineurs de charbon en Normandie, XVIIIe-XXe siècle, 2006, Cabourg, Éd. Cahiers du temps, 223 p.

Le Roc'h Morgère(Louis) (dir.), Les mondes souterrains, mémoires de l'histoire , 2005, Caen, Conseil Général du Calvados, Archives du Calvados, 66p.

Pézeril (Claude), Ces mineurs de Littry, pionniers de l'Ouest », 1978, Bayeux.

Présentation du contenu

Registres des procès-verbaux

4 mai 1849 - 23 janvier 1857

Cote/Cotes extrêmes

NOUVACQ/794

Date

04/05/1849-23/01/1857