12J - Pont des Vers Tissage

  • 12J Archives de Pont des Vers Tissage, société anonyme
  • Achats et ventes
  • Fournisseurs de filés
Japy à Niggeler et Küpfer
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Date

1890-1993

Description physique

6,90 ml

Origine

Monsieur Louis Verrier, directeur de l'usine et maire du Mesnil-Villement

Biographie ou Histoire

Une première usine textile, l'usine de la Fouillerie, construite sur ce site brûla en 1871. Son propriétaire vendit le terrain aux frères Pernelle ; ces derniers rachetèrent peu à peu les parcelles environnantes. Le tissage de Pont des Vers fut construit par les deux frères Pernellesur un terrain difficile de plus de 20 000 m2, situé sur les bords de l'Orne. La construction de ce bâtiment de 5 000 m2 d'un seul tenant, plus la teinture, demandera près de six ans (1890-1896). Cet emplacement avait été choisi car il permettait d'installer deux turbines de 120 CV chacune, pouvant faire tourner 200 métiers, auxquelles vint se joindre plus tard une machine à vapeur permettant d'ajouter 200 métiers : total 400 machines à tisser. C'était "la belle époque". Les turbines et la vapeur permettront la concentration des métiers mécaniques qui remplaceront les vieux métiers à bras de nos grands-mères, et un tisserand pouvait surveiller deux métiers. A l'époque l'industrie textile était en pleine expansion et le coton aidant, l'Europe s'équipait pour habiller le monde entier. "Les temps ont bien changé". Cette concentration fut rapidement suivie de regroupements d'usines : exemple "les Filatures et Tissages de Flers" occupant à l'époque 4 000 personnes. Les usines moins importantes de la région qui ne voulurent pas adhérer à cette société fermèrent leurs portes, y compris le Tissage du Pont des Vers. Les bruits de guerre aidant, les commandes manquaient et les Frères Pernelle furent déclarés en faillite à la suite d'un jugement du Tribunal de Domfront le 24 février 1914, faillite entraînant le "krach" d'une banque de Condé-sur-Noireau. L'usine du Pont des Vers fut vendue aux enchères le 20 mars 1914, 150 000 francs or, à Monsieur Joseph Duhaze P.D.G. de la société de Flers. Si les Frères Pernelle avaient pu tenir quelques mois de plus, ils auraient sans doute été sauvés par les commandes de tissus militaires qui affluaient. Devant tant de déceptions et certains déboires familiaux, Monsieur Eugène Pernelle, qui avait été le maître d'oeuvre et d'ouvrage de cette affaire, se laissa mourir de faim et de chagrin. Il était maire du pays. La direction de ce tissage, devenu propriété de Flers, fut confiée à Monsieur Clément Pasquier jusqu'en 1937. Il était également maire de la commune. Il fut remplacé par son fils Auguste Pasquier, de 1937 à 1946, qui précédemment était directeur de la "Filature du bateau" située à 1 km du Tissage. Cet ensemble Filature-Tissage-Teinture permettait le cycle complet de la balle de coton brut au tissu fini. Il faut signaler que cet ensemble fut très endommagé lors de la Libération en 1944. La remise en état - bâtiments et matériel - pour reprise de la production normale, demanda cinq ans. Cette tâche fut confiée à Monsieur Louis Verrier qui était à l'époque le plus jeune directeur d'usines textiles de Normandie produisant du "vichy" - qui avait gardé la marque "Pernelle" - et fut sept ans plus tard, c'est-à-dire en 1953 et à son tour, maire de la commune. Malgré diverses modernisations - passant de 472 métiers et 350 personnes à 128 métiers et 130 personnes en augmentant la production de 50 % : 150 000 m au lieu de 100 000 m - et la production de tissu pour vêtements de travail, cette usine, devenue DMC, fermait ses portes le 30 avril 1979. Elle fut reprise en août par Guy Fromion et Louis Verrier, sous forme d'une autre société, en maintenant la production de 150 000 m, soit 60 tonnes, avec 40 personnes. A l'origine, en 1896 : 1 tisserand pour 2 métiers.Avant fermeture, en 1992 : 1 tisserand pour 48 métiers. Dépôt de bilan par Guy Fromion en 1989 (dès 1984 Louis Verrier avait été prié de prendre sa retraite) avec arrêt définitif de cette usine le 31 décembre 1992.

En conclusion : personnellement je pense que cette usine aurait pu tourner encore quelque temps, nous devions fêter avec joie son centenaire tant souhaité - 1896-1996. Reste toujours un point obscur dans cette décision de fermeture, sans Assemblée Générale préalable des actionnaires et un carnet de commande bien garni, preuve en est : dépôt de bilan en 1989, arrêt de l'usine en 1992...Au cours de toutes ces années et de toutes ces décisions, notre population sera passée de 600 habitants à... 300 - ce qui est un désastre - et néanmoins le Tissage du Pont des Vers aura été la dernière usine importante de textile en activité en Basse-Normandie.

le 21 septembre 1994

Louis VERRIER,

ex-directeur du Tissage du Pont des Vers,

Maire du Mesnil-Villement.

Modalités d'entrées

Préemption dans le cadre d'une liquidation judiciaire, 1994

Présentation du contenu

Documentation, actes de société, direction, domaine et matériel, financement, comptabilité, achats et ventes.

Évaluation, tris et éliminations, sort final

Eliminations : 2,5 ml (tri interne des dossiers clients et fournisseurs) : 1 m 50.l. ; éliminations en 1997, 2001 (documents comptables et bancaires)

Conditions d'accès

Le fond est communicable selon la réglementation en vigueur dans les archives publiques.

Conditions d'utilisation

Les documents peuvent être reproduits selon le réglementation des Archives du Calvados.

Documents en relation

1462W/177 Pont des Vers Tissages

Mots clés matières

industrie textile

Présentation du contenu

Correspondance, bordereaux, factures, désignation.

Mode de classement

Dossiers classés dans l'ordre alphabétique des fournisseurs

Japy à Niggeler et Küpfer

Cote/Cotes extrêmes

12J/31

Date

1979-1992