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La presse du Calvados et l’Affaire
Qu’ils soient conservateurs à l’image du Moniteur du Calvados et de La Croix du Calvados, ou républicains, comme le Journal de Caen et le Progrès Lexovien, les journaux locaux rendent compte des multiples soubresauts de la crise.
Presse locale et presse nationale
Les publications normandes rencontrent l’intérêt d’un public qui s’informe également à la lecture de la presse parisienne. Le 1er juin 1899, deux jours avant l’arrêt renvoyant le capitaine Dreyfus devant le Conseil de guerre de Rennes, le commissaire spécial de la police des chemins de fer de Caen écrit au préfet du Calvados : « la population attend avec une impatience visible, le résultat des débats qui ont lieu, en ce moment, en Cour de Cassation, au sujet de l’affaire Dreyfus. Les journaux de la capitale, principalement l’Eclair, le Journal, l’Aurore, le Siècle, le Figaro et l’Echo de Paris, qui reproduisent le rapport de Mr Ballot-Beaupré, ont été rapidement vendus hier et avant-hier » (AD14, M/2979).
Une presse majoritairement antidreyfusarde
Dans la presse calvadosienne, le traitement de l’Affaire est inégal, entre des journaux plus populaires qui privilégient l’information locale et les faits divers et des titres qui s’adressent à un lectorat plus politisé. Rares sont les journalistes à prendre le parti du capitaine Dreyfus comme Casimir d'Hangest, dans L'Express de Lisieux, qui égratigne l'armée dans ses éditoriaux, dès 1898.
Après le suicide du commandant Henry, plusieurs journaux se prononcent pour la révision comme Le Lexovien, La Vallée d’Auge, la Lanterne Falaisienne tandis que d’autres campent sur leurs positions, au nom du respect de la chose jugée, tels Le Moniteur du Calvados, Le Réveil virois ou L'Echo bayeusain. Les six journaux qui suivent datent tous de septembre 1898 et portent témoignage de la diversité des réactions de la presse et de l'opinion publique après cet événement.
Des revirements signes de doutes et de fractures
Au cours des années 1898-1899, plusieurs journaux dont le Journal de Falaise, Le Bocage et la Vallée d’Auge sont marqués par des prises de position tantôt défavorables à toute révision du procès, tantôt en faveur de cette solution. Les rédactions ont pu être tentées de s'adapter à ce qui leur semblait être l'opinion majoritaire du moment de leur lectorat. Mais il faut aussi probablement voir dans ces changements de ligne éditoriale des signes de divergences internes, qui s’expriment parfois au grand jour. Dans le Journal de Bayeux du 9 septembre 1898, deux journalistes se prononcent au sujet de la révision du procès Dreyfus, l’un pour, l’autre contre.