Accueil > Femmes et Hommes du Calvados > Histoire des Femmes du Calvados et d'ailleurs > Portraits de femmes > Mathilde de Flandre
Mathilde de Flandre
Mathilde de Flandre est née vers 1031. Fille du comte Baudouin V de Flandre, elle est la petite-fille du roi capétien Robert le Pieux. C'est une femme de haut rang et son mariage en 1050 avec Guillaume illustre le prestige du duc.
Le rôle de Mathilde ne se limite pas à la sphère privée. Le 15 juin 1066, lorsque Guillaume réunit sa famille et ses barons à Bonneville avant le départ pour l'Angleterre, il nomme Mathilde régente du duché en son absence. Par la suite, elle fera régulièrement office de régente lors des séjours de Guillaume en Angleterre, et elle est faite reine dans l'abbaye de Westminster en 1068, deux ans après le couronnement de son époux.
Dans les actes établis par Guillaume en Normandie, le seing (ou signum, l'équivalent d'une signature) de Mathilde est très régulièrement présent aux côtés de celui de son mari et des grands barons et évêques du duché. Ce choix est révélateur de sa place dans le sytème politique anglo-normand. Son seing est accompagné de la légende "Signum Mathildis regine" pour "Seing de Mathilde reine".
La fondation conjointe de deux abbayes à Caen par Guillaume et Mathilde est rélévatrice de l'importance de la ville, mais aussi du choix d'afficher un parallèle entre Guillaume et son épouse. Les travaux de construction de l'Abbaye-aux-Dames débutent en 1062, et l'église est consacrée en 1066. Mathilde protège tout particulièrement l'abbaye, dotée d'un patrimoine important de part et d'autre de la Manche. Sa fille Cécile, donnée comme oblate en 1066, en devient l'abbesse en 1113 et les abbesses qui suivront seront des personnalités importantes de leur temps.
Lorsque la reine Mathilde meurt, en 1083, on l'enterre dans le choeur de l'église alors que Guillaume est enterré à l'Abbaye-aux-Hommes. Les deux églises sont pillées durant les guerres de religion, mais contrairement au tombeau de Guillaume, celui de Mathilde est préservé.
La postérité de Mathilde survit bien longtemps après elle, et son prénom est encore un des plus donnés en basse-Normandie aujourd'hui !