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Saint-Domingue : les esclaves et l'économie de plantation

L'île de Saint-Domingue, également appelée Hispaniola, a été découverte par Christophe Colomb en 1492. Elle est située dans l'archipel des Antilles. Les Européens se disputent cette île mais à la fin du 17e siècle, les Espagnols reconnaissent la domination française sur la partie ouest de l'île. Saint-Domingue devient alors une importante colonie française, productrice de sucre et l'un des principaux lieux de destination du trafic négrier. En 1804, date de son indépendance, elle prend le nom d'Haïti.

Planisphère indiquant les routes maritimes à emprunter sur lequel l'île de Saint Domingue apparaît et est légendée.

Carte générale de l'océan Atlantique dressée au dépôt général des cartes, plans et journaux de la Marine établie en 1786, AD14, 2II/736

LABAT Jean-Baptiste, Nouveau voyage aux isles de l'Amerique, Paris, éd. Jean de Nully, 1742, tome 1, p. 1, AD14, BH/8/12857/1
LABAT Jean-Baptiste, Nouveau voyage aux isles de l'Amerique, Paris, éd. Jean de Nully, 1742, tome 7, p. 56, AD14, BH/8/12857/7

L'arrivée du navire La Seine en Amérique

Texte du procès-verbal de la visite du navire
Procès-verbal de la visite d'arrivée du navire La Seine à Saint-Domingue rédigé par les autorités du port du Cap, 17 juin 1789, AD14, 2II/469

Le navire La Seine arrive le 17 juin 1789 au Cap-Français à Saint-Domingue. Une visite du navire est effectuée. Le procès-verbal indique : "L’an 1789 le 17e jour du mois de juin, [..] nous sommes transportés à bord du navire La Seine à l’effet d’en faire la visite, vérifier et constater si la quantité des noirs qu’il a à son bord se trouve conforme à celle déclarée. Nous aurions trouvé sur les lieux Lacoudrais auquel nous aurions dit le sujet de notre transport et de lui reçu le serment (que) depuis l’arrivée du bâtiment en ce port il n’a été débarqué aucun noir [...]   De fait, l’aurions sommé de faire monter tous les noirs sur le pont. Ce qu’ayant effectué nous sommes descendus dans la cale.

 Visite faite [..] n’en n’avons trouvé aucun. Cela fait, nous sommes remontés sur le pont, avons fait fermer toutes les écoutilles à l’exception d’une par laquelle nous avons fait descendre les noirs que nous avons très exactement comptés et trouvé la quantité de 350 noirs de tous âges, ce qui est conforme à la déclaration. […]   Lacoudrais nous a présenté un certificat du médecin et chirurgien du roi de cette ville qui constate que les noirs […] n’ont aucune maladie contagieuse. En conséquence, il requiert qu’il nous plaise lui permettre d’en faire la vente en ce port. […] L’autorisons à faire la vente de ses noirs en ce port, à la charge pour lui d’en obtenir préalablement l’autorisation de Messieurs les chefs de cette ville [...]"

La vente des esclaves

Tableau recensant l'ensemble des recettes liées à l'expédition négrière
"Compte de vente de 315 têtes de noirs composant la cargaison du navire La Seine d’Honfleur", 16 juin 1789, AD14, F/5851

La vente des esclaves a lieu dans le navire ou à terre. Le capitaine laisse les opérations de vente à la charge de négociants européens installés à Saint-Domingue. Ce sont les négociants Foache, Morange et Hardivillier, qui sont chargés de la vente des esclaves du navire La Seine au Cap-Français.

Pourquoi les esclaves ont-ils été déportés à Saint-Domingue ?

Sur ce dessin, on voit un planteur qui s'apprêtent à frapper d'un coup de bâton un homme réduit en esclavage dont l'expression du visage montre combien il est effrayé. Le planteur  doté d'un chapeau semble manifester de la colère ou de la haine.
Estampe extraite du journal La Caricature (vers 1830-1840). La légende est la suivante "Un planteur entêté. Ces philanthropes européens ont beau dire...ce n'est qu'avec l'aide de la canne qu'on peut faire du sucre", AD14, 17FI/1442

La plupart des esclaves ont été achetés par des planteurs. Ils vont donc partir travailler sur une habitation (nom que l’on donne à une plantation). Ils sont employés à la production de produits coloniaux : sucre, café, tabac, indigo. Les esclaves domestiques travaillent dans l’habitation du maître.

Le travail sur les plantations

Une illustration montre une personne réduite en esclavage fauchant de la canne à sucre.

Article "traite des Noirs" paru dans le Journal Le Magasin pittoresque, 5e année, 1837, AD 14, 15T/10/248

LABAT Jean-Baptiste, Nouveau voyage aux isles de l'Amerique, Paris, éd. Jean de Nully, 1742, tome 6, p. 312, AD14, BH/8/12857/6

LABAT Jean-Baptiste, Nouveau voyage aux isles de l'Amerique, Paris, éd. Jean de Nully, 1742, tome 1, p. 379, AD14, BH/8/12857/1

Article "sucrerie" dans L’Encyclopédie, de Diderot et d’Alembert, éd. Pellet, Genève, 1777-1779, AD14, BH/4/1185/31

 Sucrerie (habitation) : Les habitations où l’on fabrique le sucre, sont plus ou moins considérables, suivant les facultés des propriétaires : quelle que soit l’étendue du terrain d’une sucrerie, il doit être partagé en plantations de cannes, en savanes ou pâturages, en vivres et en bois. […] Il faut autant qu’il est possible, que la maison du maître et ses dépendances soient placées sur une hauteur d’où l’on puisse aisément découvrir ce qui se passe dans l’habitation. […] Les cases à nègres doivent être situées à la portée des opérations journalières […] Pour exploiter une habitation d’une grandeur moyenne […] il faut cent à cent vingt nègres compris en trois classes : dans la première, sont les nègres sucriers ou raffineurs. La seconde renferme les ouvriers de différents métiers, comme tonneliers, charpentiers, charrons, menuisiers, maçons et quelquefois un forgeron très-nécessaire sur les grandes habitations. Les esclaves de la troisième classe sont les nègres de jardin : les nègresses qui fournissent les cannes au moulin, les gardeurs de bestiaux et ceux qui chauffent les fourneaux de la sucrerie et de l’étuve. Quant aux domestiques de la maison, ce sont ordinairement de jeunes esclaves des deux sexes [...] 

Un colon face au comportement suicidaire d'un esclave

Le récit de Jean-Baptiste Labat est particulièrement intéressant pour comprendre le quotidien d'une plantation vu par un planteur en 1722 (lire en ligne les pages numérisées du tome 1, cote BH/8/12/857/1). On y trouve même le récit de son incompréhension devant la volonté suicidaire d'un esclave.

LABAT Jean-Baptiste, Nouveau voyage aux isles de l'Amerique, Paris, éd. Jean de Nully, 1742, tome 1, p. 444-445, AD14, BH/8/12857/1
LABAT Jean-Baptiste, Nouveau voyage aux isles de l'Amerique, Paris, éd. Jean de Nully, 1742, tome 1, p. 446-447, AD14, BH/8/12857/1

Pour aller plus loin

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